Ces dernières années, l’attention des régulateurs internationaux, des institutions financières et des communautés de conformité se déplace de plus en plus vers l’Afrique. Ce mouvement n’est pas lié à des slogans politiques ou à des sympathies géopolitiques — il s’agit de droit, de risques et de l’architecture financière mondiale.
Les juridictions africaines se trouvent aujourd’hui au cœur de l’attention :
— du GAFI (FATF) et des organismes régionaux de lutte contre le blanchiment,
— des régimes de sanctions de l’UE, des États-Unis et de l’ONU,
— des banques internationales, des groupes énergétiques et de télécommunications,
— des enjeux ESG, des droits humains et du devoir de diligence dans les chaînes d’approvisionnement.
Il ne s’agit pas d’une « périphérie », mais d’un espace où se forment actuellement de nouvelles normes de conformité, de vérification de l’origine des fonds, d’évaluation des risques politiques et de responsabilité des entreprises.
Un bon exemple est le Kenya.
Contrairement aux stéréotypes répandus sur l’Afrique, le Kenya est l’un des principaux pôles juridiques et financiers d’Afrique de l’Est, en interaction active avec les régulateurs internationaux, les institutions financières et les structures de conformité. C’est précisément là que sont aujourd’hui débattues des questions telles que :
— la sortie de la Grey List du GAFI,
— l’application des régimes de sanctions (OFAC, OFSI, UE, ONU),
— l’équilibre entre l’application du droit, le développement économique et la protection des droits humains.
Dans ce contexte, il est révélateur que mes collègues et moi ayons été invités à participer à une conférence internationale fermée de haut niveau, consacrée aux sanctions, à la LCB/FT, à la lutte anticorruption et à l’éthique. Le format de l’événement prévoyait un cercle restreint de participants, l’application de la règle de Chatham House et des discussions professionnelles franches entre représentants de banques, de grandes entreprises, de responsables conformité et de juristes.
Nous ne publions volontairement ni les détails ni les documents dans leur intégralité — ces formats ne sont pas orientés vers la visibilité publique, mais vers le contenu et le travail en profondeur. Toutefois, le simple fait de cette invitation reflète une tendance importante : l’agenda juridique et de conformité international dépasse de plus en plus le cadre de l’Europe et des États-Unis, et l’Afrique devient l’un des points clés de la formation de nouvelles pratiques.
Pour nous, il ne s’agit ni de statut ni de géographie. C’est la confirmation que les questions de sanctions, d’abus des mécanismes AML, ainsi que de protection des droits humains et des actifs, sont désormais abordées dans une perspective véritablement mondiale, et non dans le cadre d’un seul pays ou d’un seul système juridique.
Nous poursuivons notre travail dans cette logique — avec calme, de manière institutionnelle et sur le long terme.
