Insolvabilité transfrontalière : COMI, choix du for, reconnaissance et conflits entre procédures parallèles

Insolvabilité transfrontalière : COMI, choix du for, reconnaissance et conflits entre procédures parallèles

Publié le
octobre 1, 2026
Auteur
Khrabrykh S. A.
Langue originale
Français

Le rapport analyse les principales difficultés de l’insolvabilité transfrontalière : détermination du centre des intérêts principaux du débiteur (COMI), choix de la juridiction, reconnaissance des procédures étrangères et articulation entre insolvabilité, conflits sociétaires, saisies pénales et autres restrictions juridiques. La difficulté fondamentale tient au fait qu’une entreprise économiquement intégrée peut être répartie entre plusieurs États, alors que les pouvoirs des tribunaux et des organes de la procédure demeurent territoriaux. L’ouverture d’une procédure dans un pays ne confère donc pas automatiquement un contrôle universel sur les actifs et les personnes situés à l’étranger.

Le rapport insiste sur la nécessité de distinguer quatre résultats différents : la reconnaissance de la procédure et du représentant étranger, l’octroi d’une mesure d’assistance déterminée, la reconnaissance d’une décision rendue contre un tiers et, enfin, la réalisation et la distribution effective des actifs. La réussite d’une étape ne garantit pas celle des suivantes. Cette distinction est particulièrement importante pour les immeubles, les actions en contestation d’opérations, l’accès aux informations bancaires, les biens faisant l’objet d’une saisie pénale et les litiges liés aux structures sociétaires.

Une attention particulière est accordée au COMI et au choix du for. Le siège statutaire, la résidence d’un dirigeant ou l’existence d’un compte bancaire ne remplacent pas l’analyse du lieu réel d’administration du débiteur et de la manière dont cette organisation est perceptible par les créanciers et les tiers. Lorsqu’un transfert de juridiction intervient, il faut examiner si les fonctions de gestion ont effectivement été déplacées, si ce changement était transparent pour les créanciers et quelles preuves contemporaines le démontrent. Le choix d’une procédure de restructuration plus favorable ne suffit pas, à lui seul, à établir un forum shopping abusif.

L’étude compare le régime européen, la Loi type de la CNUDCI, le chapitre 15 du Bankruptcy Code américain, les mécanismes applicables en Angleterre et au pays de Galles après le Brexit ainsi que les règles françaises de reconnaissance et d’exequatur. Elle traite également des procédures secondaires, de la protection des créanciers locaux, des groupes de sociétés, du droit applicable, des litiges et arbitrages déjà engagés, de l’accès aux documents et de la prévention de doubles paiements dans plusieurs procédures.

La conclusion pratique d’ARGA est qu’une stratégie internationale doit commencer par une cartographie des débiteurs, des actifs, des titulaires, des sûretés et des restrictions judiciaires en vigueur, plutôt que par le choix immédiat de la procédure transfrontalière la plus connue. La conservation des actifs, la communication d’informations, l’administration, la vente et la distribution doivent chacune reposer sur un fondement juridique propre et être évaluées en fonction de leur exécution réelle et de leur valeur économique nette. L’efficacité d’une procédure transfrontalière se mesure ainsi moins au nombre de décisions de reconnaissance obtenues qu’à la valeur effectivement préservée et distribuée légalement aux créanciers.

Texte intégral du document
ARGA Observatory

Règles de citation

  1. Mention obligatoire de la sourceLors de l'utilisation de matériaux d'ARGA Observatory, le nom complet doit être indiqué.
  2. Indication de la date et de la versionPour les rapports analytiques, l'année de publication est obligatoire.
  3. Lien vers l'originalLes supports électroniques doivent être accompagnés d'un lien actif vers le site officiel.
  4. Respect du contexteLes citations ne doivent pas être raccourcies ou modifiées de manière à déformer le sens original.
  5. Mention d'adaptationSi le texte est abrégé ou traduit, indiquer : « adapté du rapport ARGA Observatory ».
  6. Utilisation commerciale interdite sans autorisation écrite de l'organisation
  7. Exactitude des donnéesLes graphiques et tableaux doivent être reproduits sans modification.
Demande confidentielle

Posez votre question aux experts ARGA

Quatre étapes courtes. Réponse sous un jour ouvré.

Étape 1 sur 4
Quelle est votre situation ?
À quel stade se trouve le dossier ?
Décrivez la situation
Ce champ est facultatif.
Comment vous joindre ?
Votre demande parvient directement aux experts ARGA. Nous ne la publions pas et ne la transmettons à personne.
Enregistrement officiel
ARGA dans les registres internationaux
UNGM ID
1232417
ARGA est enregistrée dans le système d'achats des Nations Unies.
Voir l'enregistrement
UN Global Compact
213173
Participant au Pacte mondial des Nations Unies.
ADB GMS Number
049963
Banque asiatique de développement — participant enregistré.
Retour en haut