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Gels d’avoirs motivés politiquement et risques pour les banques : analyse approfondie
Rapport ARGA
Publié : 19 novembre 2025
Auteur : S. A. Khrabrykh

Gels d’avoirs motivés politiquement (PMAF) — Principaux constats de l’Observatoire ARGA

L’Observatoire ARGA présente une analyse détaillée des gels d’avoirs motivés politiquement (PMAF), de plus en plus dissimulés sous l’apparence de mesures classiques de conformité LBC/FT ou de sanctions. Les conclusions reposent sur des cas réels, des demandes d’unités de renseignement financier (FIU), des échanges bancaires et de la documentation judiciaire.


Qu’est-ce que le PMAF ?

Le PMAF désigne des gels d’avoirs imposés pour des raisons politiques, tout en invoquant officiellement une « suspicion de blanchiment » ou des « risques de sanctions ».
Ses caractéristiques les plus fréquentes sont :

  • absence de preuve d’un dommage économique,
  • absence d’infraction sous-jacente clairement définie,
  • demandes des FIU vagues ou trompeuses,
  • gel appliqué avant même le début d’une enquête.

Principaux mécanismes d’abus

(décrits dans le rapport, pp. 7–14)

  • Gel avant enquête : comptes bloqués avant l’ouverture d’une procédure.
  • Demandes FIU “blanches” : dépourvues de qualification juridique ou de détails sur les transactions.
  • Blocages stratégiques dans les conflits corporatifs pour influencer la propriété ou la gouvernance.
  • Sanctions “invisibles” : mimétisme de sanctions sans désignation officielle.
  • Combinaison Interpol + gel, utilisée comme outil coercitif transfrontalier.
  • Mauvaise interprétation d’opérations crypto, faute d’analyse de chaîne ou en raison d’alertes automatiques erronées.

Aperçu régional

(voir carte des risques, page 15)

  • Russie — Critique : gel + instruments Interpol ; pression sur médias, ONG, entrepreneurs et migrants économiques.
  • Kazakhstan — Très élevé : gels systématiques avant enquête ; envois massifs de demandes aux banques de l’UE et des EAU.
  • Ouzbékistan — Élevé / Très élevé : gels utilisés pour la redistribution d’actifs et pour cibler des militants.
  • Azerbaïdjan — Très élevé : modèle le plus institutionnalisé, paralysant ONG et journalistes.
  • Kirghizstan — Moyen : augmentation des gels visant médias et entrepreneurs.

Groupes les plus exposés

  • Entrepreneurs impliqués dans des conflits corporatifs ou politico-économiques.
  • Journalistes et enquêteurs indépendants.
  • ONG, défenseurs des droits humains et acteurs de la société civile.
  • Individus associés à l’opposition ou à des critiques publiques du pouvoir.

Impact sur les banques internationales

Les banques risquent de devenir involontairement parties prenantes à des poursuites politiquement motivées, en raison :

  • d’algorithmes LBC/FT automatiques,
  • de l’absence de vérification d’une infraction sous-jacente,
  • de la dépendance à des demandes FIU incomplètes ou déformées,
  • de l’augmentation de l’exposition réglementaire, juridique et réputationnelle.

Recommandations clés

(voir pp. 15–17 du rapport)

OFAC & UE

  • exiger des preuves,
  • une description complète de l’infraction sous-jacente,
  • et un réexamen secondaire des demandes provenant de juridictions à haut risque.

GAFI (FATF)

  • intégrer l’analyse du PMAF dans les évaluations nationales.

Banques internationales

  • rejeter les demandes FIU “blanches”,
  • appliquer une diligence accrue (EDD) pour les alertes provenant de la CEI,
  • intégrer le contexte politique comme facteur de risque obligatoire.

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    Les graphiques, tableaux et statistiques doivent être reproduits sans modification des chiffres ni des formulations.

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